Gonzalo Higuain ne s'est pas fait prier pour l'admettre. « Je n'ai pas encore eu de moments magiques ici en Ligue des champions. J'espère en connaître. » Le jeune Argentin de 22 ans a réussi un parcours presque parfait depuis son arrivée au Real Madrid. Six mois pour voir. Une saison pour gagner un statut de titulaire potentiel, en marquant avec davantage de fréquence que la légende Raul. Et le voilà, depuis l'arrivée de Manuel Pellegrini, qui grille à la fois la légende du club et l'un des Galactiques recrutés à l'intersaison, Karim Benzema, au point d'être devenu le complément naturel de Cristiano Ronaldo à la pointe de l'attaque. Son mélange de puissance et de précision parlent autant pour lui que les chiffres. En Liga, Higuain a marqué 16 buts en 15 matches. Il est l'un des chasseurs les plus en vogue d'Europe. Les négociations pour une prolongation de contrat avec triplement de salaire à la clef ont commencé.
«Il faudra faire le match parfait ou presque. La C1, ça ne pardonne pas. »
Il y a un hic. Le huitième de finale aller de Ligue des champions à Lyon (1-0) a donné du grain à moudre aux sceptiques qui relèvent une incapacité chronique à se montrer aussi décisif au niveau international. Aucun but en C1 la saison dernière. Deux en cinq rencontres cette fois-ci. « Vous avez perdu vos trois duels avec Boumsong à Lyon », lui fait observer un journaliste d'El Pais, mardi, dans un entretien axé sur son registre. « Les défenseurs défendent, les milieux distribuent et les attaquants cherchent à marquer » répond sèchement le jeune homme dans un style à la Raymond Domenech. « C'est du passé. N'en parlons plus. Affaire classée. »
Un peu en marge de l'optimisme fracassant qui entoure son équipe, Higuain est peut-être le mieux placé des Madrilènes pour ressentir que l'épreuve européenne est un autre monde. Une planète où Madrid peut payer cher ses déséquilibres, comme il l'a fait cinq saisons de suite en huitième de finale. « L'équipe doit montrer un autre visage, nous devons prendre conscience du fait que nous sommes le Real et que notre place est en quart de finale, dit-il. En Liga on peut corriger certaines erreurs, c'est plus difficile en Ligue des champions. Il faudra faire le match parfait ou presque. La C1, ça ne pardonne pas. » C'est pour l'instant la seule ombre au tableau d'un jeune Franco-Argentin, promis à une place de titulaire avec l'Argentine en Coupe du monde. - Cé. Ro. (à Madrid)

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